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25 ans de partenariat pour mieux comprendre la réalité des familles québécoises

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15 novembre 2019 // par Audrey-Maude Vézina
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Hélène Belleau, directrice du Centre Urbanisation Culture Société de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et sociologue, revient sur les jalons importants de l'histoire du Partenariat de recherche Familles en mouvance (PRFM), qui a 25 ans cette année et dont elle est la codirectrice.
 
 
Depuis ses débuts en 1993, comment ce partenariat a-t-il évolué ?
 
Hélène Belleau : En ce qui concerne nos partenaires, quelques-uns sont là depuis le début, comme le ministère de la Famille. Les thématiques ont aussi changé au fil des ans selon les transformations de la société. Le PRFM a eu trois directrices depuis ses débuts et chacune a insufflé une orientation particulière. La première programmation, sous la direction de Renée Dandurand (INRS), portait sur les questions de solidarité. Ensuite, la directrice Françoise Romaine Ouellette (INRS) a abordé les thématiques du nouveau contrat familial, comme l’aspect des relations intergénérationnelles, l’adoption et les nouvelles configurations. Sous ma direction, ce sont plutôt les enjeux juridiques et économiques des familles qui ont pris de l’ampleur.
 
Même avec les orientations variées, les programmes de recherche du PRFM rassemblent les chercheurs de tous les domaines. Nous avons un partenariat multidisciplinaire assez unique au Québec dans le domaine de la famille avec des sociologues, des anthropologues, des économistes, des historiens, et bien d’autres spécialistes.
 
Le PRFM associe des chercheur(e)s, des professionnel(e)s et intervenant(e)s des secteurs gouvernementaux et communautaires. Quels étaient les obstacles de cette interdisciplinarité ?
 
H. B. : Au début, c’était difficile de travailler ensemble. Il y a eu des discussions pour comprendre les enjeux et le rôle de chacun. Par exemple, il y avait un enjeu de temps. Les communautaires et gouvernementaux ont besoin de résultats rapidement afin de prendre des décisions politiques et alimenter les réflexions, alors que les chercheurs fonctionnent à plus long terme. Il a aussi fallu clarifier que le partenariat n’était pas un lieu de revendication et de pression politique auprès du gouvernement. Les chercheurs ont aussi dû s’adapter au fait que les projets de recherche étaient définis avec les partenaires. Aujourd’hui, il y a une belle relation de confiance et tout le monde y trouve son compte. 
 
Comment se forment les projets de recherche en partenariat ?
 
H. B. : Les partenaires communautaires et gouvernementaux participent au questionnement de recherche pour savoir quelles informations il faut aller chercher. Les chercheurs repèrent une bonne partie des informations manquantes avec les revues de littérature, mais c’est souvent en décalage puisque la publication scientifique prend du temps. Les organismes communautaires, eux, prennent le pouls de la société et voient les problèmes émerger. Les partenaires contribuent aussi à la création d’outils de recherche comme des questionnaires et aident parfois à recruter des participants.
 
Notre équipe a aussi la particularité de développer des outils de transfert de connaissances en parallèle au projet de recherche. Ainsi, les partenaires communautaires peuvent en bénéficier. Ils reprennent les résultats de recherche et les amènent un pas plus loin pour de la formation ou des représentations politiques.
 
Quelles sont les retombées les plus significatives du partenariat ?
 
H. B. : Une des retombées significative est le projet «  Chiffrer les solidarités familiales ». Nous avons pu montrer ce que ça coûterait à l’État si tout le travail réalisé par les proches aidants était effectué par des travailleurs. Les politiques ont tendance à s’appuyer sur ce travail « gratuit », mais les conséquences économiques sont importantes.  
 
Une autre retombée importante porte sur la remise en question du revenu familial selon lequel l’argent est mis en commun et partagé entre conjoints. Le problème est que toutes nos politiques québécoises sont basées là-dessus alors qu’il faudrait laisser le choix aux conjoints.
 
Il y a aussi la question des couples mariés ou en union libre où on a voulu mettre en évidence les méconnaissances importantes. En tant que leader mondial en union libre, le Québec doit réfléchir sérieusement à ses réformes.
 
Le partenariat a aussi contribué à la création des centres de la petite enfance (CPE). Pour montrer les difficultés liées à la conciliation famille-travail, nos recherches sont venues en appui à madame Pauline Marois, ministre de la Famille à l’époque et qui voulait développer des services de garde. 
 
Quels événements ont marqué le cours des 25 ans du PRFM ?
 
H. B. : L’abolition du Conseil de la famille et de l’enfance a été un choc. Sa fonction était de donner un avis au gouvernement sur différentes mesures concernant la famille et c’était des dossiers très intéressants. Sans cette instance, tout repose sur des recherches et la capacité des gens du ministère à s’en inspirer. Et à chaque changement de gouvernement, il y a aussi de nouvelles orientations chez nos partenaires gouvernementaux.
 
Comment voyez-vous l’avenir du PRFM ?
 
H. B. : Ce colloque « 25 ans de recherche partenariale sur les familles au Québec : bilan et perspectives » sera l'occasion de se pencher sur plusieurs thématiques émergentes sur lesquelles il faudra travailler dans le futur, comme l’effet des nouvelles technologies sur les transformations familiales. J’espère que le PRFM va continuer! Mais comment les thématiques se développeront-elles? L’avenir nous le dira! 

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